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12/11/2011

PORTRAITISTE DE FEMMES

 

Portraitiste de femmes

 

Je viens de me découvrir un emploi spécifique. Je n’y avais pas pensé plus tôt.

Les deux questions me sont arrivées simultanément: Quelle est votre activité professionnelle? Qu’avez-vous fait pendant ce début du XXIème siècle ? Sans être apothicaire, je suis passée par des comptes avant d’oser ma réponse.

Le siècle a douze ans. Pendant ces douze années, j’ai publié quinze livres. Hétéroclites au premier abord. Dont les couleurs ne s’affichent théoriquement pas sur les mêmes rayonnages des bibliothèques.Pourtant, si !

Je suis prête à l’avouer : j’écris des portraits de femmes. Sur tous les tons, dans divers genres, sous de multiples prétextes. L’obsession n’en finit pas. Le roman qui sera publié en 2013 n’échappe par à la règle… il y est encore question de femmes !

J’admets pour exceptions deux recueils de polaroïds sans intrigue ni personnages (Chairs amies et Chercheurs de bleu). Pour le reste, treize livres essentiellement consacrés à des portraits de femmes, même ma quadrilogie à la Série Noire conçue autour de mon cher Maurice Laice (Eros et thalasso, Le chant du bouc, More is less, Montmartre Mont des martyrs) est un prétexte à mettre en scène des femmes, victimes, coupables, fortes, supérieures ou dingues…. .

Pour le reste, treize livres essentiellement consacrés à des  femmes.

Portraits de femmes au cœur des romans (La visite, Paradis andalous, De bouche à bouches), des polars ou noirceurs (More is less, L’enfer des anges, Tirez sur le caviste, Le Chinois), des recueils de nouvelles (Troubles fêtes, Noir caméra !), d’autres textes courts (Voyages en gourmandise, A cœur et à Kriss)…

Combien de femmes dans vingt sept nouvelles et autant d’autres textes ? Aucune idée.

Des vieilles, des jeunes, des paumées, des victimes, des gamines, des tueuses, des pauvresses, des dévoreuses, des chieuses, des gourmandes, des homosexuelles, des stars, des folles, des cuisinières, des chiennes, des éclopées, des toxicos, des mères, des filles, des grosses, des belles, des moches, des croqueuses d’hommes, des monstres…

Elles râlent, elles jardinent, elles se battent, elles dévorent, elles concoctent, elles se désespèrent, elles rêvent, elles créent, elles gueulent, elles crèvent, elles sont des mecs, elles échafaudent des plans sur la comète, elles savourent des hommes à la petite cuillères, elles se font du mouron, elles sont amoureuses, elles hallucinent, elles en ont marre, elle rigolent, elles tirent dans le tas… et tous les moyens me sont bons pour vivre avec elles pendant des mois, parfois des années.

Je les cache derrière des inspecteurs de police, des recettes de cuisine, des récits autobiographiques, des meurtres, des rires, des vengeances ou des amours, mais je ne fais que ça, donner corps et paroles à des femmes. S’il s’agissait d’une exposition de peintures, les tableaux composeraient  une foule féminine essayant désespérément de prendre une place qu’elle n’a pas…

Je me sais désormais mère de famille nombreuse accompagnée d’amies de toutes sortes et m’en trouve rassurée.


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