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06/03/2013

CINQ FEMMES CHINOISES ET TRANSFUGE

* Un papier dans Transfuge de mars

Cinq femmes chinoises
PAR MARINE DE TILLY
 
La Chine, l'empire du Milieu Le « milieu du monde". Une belle promesse, d'équilibre, d'union Mais le milieu, c'est aussi le nom que l'on donne aux reseaux criminels mafieux C'est encore, symboliquement, la fange, le marais, le ventre mou, laoù l'on ne sait pas trop, là où tout est possible, ou pas. C'est ce milieu-la, et son empire, son emprise sur la vie de cinq femmes, que Chantal Pelletier raconte. Dans cet espace a la fois géographique et psychologique, il y a Pekin, Hong Kong, Shanghai, leurs faubourgs, il y a la guerre, l'ultra-modernité, les famines. Là-bas, les femmes ont le teint hâve et les yeux fatigués. Elles se mettent du rouge aux joues et de l'ivoire  aux cernes, elles cachent comme elles peuvent leur misère, réelle ou existentielle. Parfois elles se trouent les bras, utilisent leur bouche pour arrondir leur fin de mois, parfois elles réussissent, ou finissent en tas d'os ratatines Elles sont cinq.  II y a Xiu, gymnaste qui devient gérante d'un salon de massage Sa fille Daxia, qu'elle a abandonnée, qui devient architecte dans le cabinet de Fang, veuve précoce et héritière. Mei, qui comme Daxia, est de cette génération 1980. Quant à Baoying, la belle-soeur de Fang, elle est cuisinière et s'en sortira bien A chacune, Pelletier donne la parole Une parole à l'image de sa langue rapide, de ses phrases brutales, précises, sans manières.  Le ton est vif, les chapitres cadencés Comme ses héroïnes, Pelletier ne s'épanche pas, et c'est sans trembler qu'elle livre une pensée, dure, simple pour les femmes, la Chine d'aujourd'hui est sans pitié.  Heureusement que dans la boue pousse de jolies fleurs «Jolies », oui, mais aux pétales amochés.
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