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18/03/2013

A LA UNE DU MONDE

A LA UNE DU MONDE du vendredi 15 mars 2013

LE  MONDE DES LIVRES… Chine lointaine et compliquée : Trois écrivains publient leur roman chinois. Chacun, à sa manière, raconte un pays que la littérature a toujours eu du mal à saisir

CINQ FEMMES CHINOISES DE CHANTAL PELLETIER, Joelle Losfeld

A travers le parcours de cinq Chinoises de la fin des années 60 au début des années 2000, s’esquisse le portrait sans tabous d’une Chine en mouvement, pleine d’appétit et de désillusion. Des cabanes de Pudong aux buildings de Shanghai, les vies de ces femmes se croisent, s’enchevêtrent, se séparent. Chacune mène son combat, loin des années Mao, affrontant la dureté des rapports familiaux, goûtant les fruits amers de la liberté.

GRANDE TRAVERSEE  Trois écrivains français publient leur roman chinois. A travers un détour par le passé, l’avenir, ou la saga familiale, chacun tente d’approcher la réalité d’un pays lointain, immense et complexe.

CAPTURER LA CHINE

… La Chine de Chantal Pelletier, plus connue jusque là pour ses romans policiers, est un pays bolide lancé vers le futur : une Chine de science fiction ou presque. Ce ne sont pas les rêves immobiles de l’imagerie coloniale qui intéressent l’auteur de Cinq femmes chinoises, mais, au contraire, la capacité phénoménale des Chinois à bouger, à foncer vers l’avenir –entraînant la planète à leur poursuite… Chez Pelletier, comme chez Durand- Ruel, la Chine est un pays muselé politiquement mais où l’on aime à la folie le business et les coups de poker, les week end à New York ; un pays où l’on fait l’amour sans complexe, et, surtout, où l’on sait que le monde est en mouvement. Pour le meilleur, chez Durand-Ruel ; pas toujours pour le pire chez Pelletier.

… La voix des femmes se fait entendre –modernes et pragmatiques. Chez Pelletier comme chez Durand-Ruel, l’image des créatures soumises (ah, les jolis pieds bandés de la Chine éternelle…) et autres paysannes sanglées dans la misère, ou, variante communiste, enfermées dans leur rôle de vaillantes camarades n’est plus qu’un souvenir ou sert de repoussoir. Leurs Chinoises pensent vite et parlent dru. « Moi, je préfère pleurer sur le siège arrière d’une BMW que d’être heureuse sur un vélo », répond une Chinoise de 22 ans dont les propos (tirés d’un reportage paru en 2011 dans Libération) figurent en exergue de Cinq femmes chinoises. Dans ce roman, la pauvreté est une hantise, le rappel d’un passé honni. Pour camper ses héroïnes, Chantal Pelletier s’est inspirée d’un billet, publié sur le blog Chinaofutur, dont elle donne à lire un extrait, placé lui aussi en exergue de son roman. « Actrices de la future nation la plus riche de la planète », les Chinoises disposent d’atouts singuliers : « Alphabétisées, élevées en dehors de la culpabilité des religions monothéistes et loin d’un modèle familial traditionnel, issues d’un monde communiste qui a nivelé en partie la disparité des sexes, elles seront propulsées, prédit le blog, par un développement économique d’une rapidité inédite vers un avenir mondialisé. » Elles sont à l’image des héroïnes de Chantal Pelletier : à la fois goulues et dures à cuire, ravagées par la solitude mais prêtes à tout pout vivre et s’enrichir.

Chaque chapitre de Cinq femmes chinoises porte le nom de l’une d’entre elles et suit son ascension –fulgurante, du moins à l’échelle de la vieille Europe. La plus âgée est Xiu, née en 1957. Elle est la mère de Daxia et de Mei, la plus jeune du lot ; laquelle devient l’amante de Fang, qu est elle-même la belle sœur de Baoying (yes, they can…). Portrait sans tabous d’une Chine mutante, le roman de Chantal Pelletier, construit sur des jeux de miroirs, est une belle et cruelle réflexion sur la course du temps, qui délivre et qui broie, d’un même mouvement, chacune des héroïnes….

L’avenir de la Chine, ce sont ses femmes, rétorque Chantal Pelletier, dont le roman s’achève sur une vision d’orage, une séquence onirique, où Hommes et femmes, oiseaux et humains, maîtres et esclaves se mêlent, unis dans un irrépressible mouvement de panique. Une fin inquiétante, certes, mais où le dernier mot n’est pas dit. Comme si la Chine, sous la plume des romanciers français, gardait toujours une porte ouverte…

ECRIRE DU DEHORS, ECRIRE DU DEDANS

….. le journaliste Bernard Brizay, auteurs de plusieurs ouvrages sur la Chine, ne tarit pas d’éloges sir le roman de Chantal Pelletier : « une photo en instantané de la société chinoise d’aujourd’hui, estime-t-il.

 

 

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