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02/03/2016

MOT A MAUX

Cette année, tous les 26 du mois, je publie une chronique sur le site  

www.lecrayon.net

Intitulée Mot à Maux

voici celle de janvier

http://www.lecrayon.net/Le-blog/Mot-a-maux/Mot-a-Maux 

Mot a maux 26 janvier.jpg

celle de février

http://www.lecrayon.net/Le-blog/Mot-a-maux/Mots-a-Maux

IMAGE FEVRIER.JPG

Epidémie de rhume au Rendez-vous des artistes. Dix-huit ans, fringuée et chaussée comme une reine, Fumiko porte un masque qui lui planque la bouche et le nez qu’elle a pourtant jolis. Pas par peur de nos miasmes, mais pour épargner les siennes aux autres. Au Japon, pays poli, très poli, -trop ? -, on préfère s’enlaidir plutôt que de transmettre ses maladies ! On pense aux autres, quoi ! Du coup, au comptoir, ça parle manque de courtoisie dans l’Hexagone - à ne penser qu’à sa pomme, on finit paumés et en compote-. Ça déplore les incivilités et leur prolifération –pourquoi être aimable avec qui ne l’est pas ?-. Ça questionne, ça sermonne et ça postillonne. Des civilisés portés sur les incivilités ? Des pas fiers de leurs concitoyens si arrogants ? Sur tous les fronts, des étiquettes « moi je »  sans étiquette pour adoucir les humeurs? L’enfer, c’est n’en avoir que faire des autres ?

Certains esprits chagrins vont jusqu’à extirper de leur larynx décadence, cousin de déchéance, deux mots avec un air de famille à faire tomber bien bas un pays en mal d’accueillir! Mettre dehors tous ceux qui encombrent, tous ceux dont on a une trouille bleue ? Mais dehors où ? Sur une autre planète, tiens, ou dans des plateformes spatiales! Si j’avais un crayon, je dessinerais un ciel encombré d’exclus, de migrants, de condamnés, en orbite autour de la terre, déchus de leurs droits terrestres, entassés dans des Guantanamo extra planétaires qui boiraient toute la lumière du soleil, mettraient la Terre dans une permanente nuit noire, même le Kremlin, la Maison Blanche, et les banquiers assassins, et nous transformeraient tous en dinosaures à disparition. Mais je n’ai pas le talent pour en faire une image.

A propos d’image, saine à défaut d’être sainte, je jette dans la conversation qui commence à me bassiner celle d’une star de plus de soixante-dix balais qui, sans tragédie, a sorti de l’ombre si peu vendeuse les femmes vieilles non cacochymes. Une beauté qui ne cache pas qu’elle a vécu et qu’elle est encore vivante, pas masque de cire tiré à dix-huit épingles, mais splendeur refusant comme nous toutes la date de péremption des yaourts et des pots de confiote. Une actrice qui ne se prend pas pour un mannequin, qui, sans écran, fait vibrer à l’écran une femme simplement sublime, quitte à ne plus s’enrichir grassement en vendant sacs à mains, parfums et crèmes coûtant la peau des fesses. Charlotte Rampling est éblouissante dans 45 ans (http://www.avoir-alire.com/45-ans-la-critique-du-film). J’ignore si ce film entrera dans l’histoire du très grand cinéma, mais il libère une vérité qui autorise toute vieille à être magnifiquement représentée sans être planquée et trafiquée. Une image qui tourne le dos à une misogynie si chouchoutée. Un brandy pour tout le monde en l’honneur de la grande Charlotte. C’est ma tournée !