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12/02/2015

ET ELLES CROYAIENT EN JEAN-LUC GODARD- LE MONDE DES LIVRES

.... INTIME ET GÉNÉRATIONNEL, ET ELLES CROYAIENT EN JEAN-LUC GODARD EST UN BEAU ROMAN DE L’AMITIÉ ET DE LA SOLITUDE, DU DEUIL ET DE LA JOIE.

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SUR TOUTE UNE PAGE, dans la rubrique thématique du MONDE DES LIVRES du 12 février 2015, un excellent papier sur Et elles croyaient...

TROIS ROMANS RÉINVENTENT LES ANNÉES 1960. TROIS ROMANS D’ÉMANCIPATION, QUI ABORDENT LA PÉRIODE AVEC FRAICHEUR ET LÉGÈRETÉ

(….) D'une manière frappante, Jean-Luc Godard est le héros de deux de ces livres. Ceux d'Anne Wizemski, qui fut sa femme et son égérie, et de Chantal Pelletier, qui présente le cinéaste comme un dieu, le seul possible, dès son titre. Le fait est qu’aucun artiste ne saurait prétendre être à ce point emblématique des années 1960, de la montée de la (nouvelle) vague qui a fini de s’abattre sur la France sous la forme du mouvement de Mai, des questionnements politiques et esthétiques qui hantèrent celui-ci.

C’est lui qui, grâce à son A bout de souffle, vu dans un ciné-club de quartier en 1964, donne à Anne, l’héroïne, l’idée que la vie peut être plus grande, plus inventive et libre que celle de ses parents, qui « ne connaissent que les mots de la faim ». Lui qui l’éveille au cinéma et au monde, à l’amour, à la politique-et dont les citations jalonnent ce poignant roman fragmentaire. Lui dont les films « (fourrent) sous la peau » d’Anne cette « allégresse », dont 1968 constituera l’acmé. Du reste, Et elles croyaient en Jean-Luc Godard est constitué de deux parties de longueur égale : la première court de 1964 à 1968 ; la seconde de 1969 à 2014-cette ère où il a fallu se résoudre à imaginer que « demain ne sera pas toujours meilleur qu’hier ». Mai 68 est profondément, pour Anne et ses amis, un événement godardien, dont les premiers moments sont ainsi décrits : « Manifs et barricades, c’est le printemps de notre prophète… le monde de JLG est partout. Pour cette raison, Anne et les siens se sentent « chez eux » dans le joli mois de mai, et mettent en pratique ses principes plutôt que d’arpenter consciencieusement les cortèges…

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11/02/2015

ET ELLES CROYAIENT EN JEAN-LUC GODARD - TELERAMA

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06/02/2015

ET ELLES CROYAIENT EN JEAN-LUC GODARD - blog de laurent Sapir

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LE BLOG DE LAURENT SAPIR TSF JAZZ

Anne commence à respirer du Godard en buvant à l’écran A Bout de Souffle, sur la chaise en formica d’un ciné-club, en l’an 64.  « Elle gambade avec Belmondo, insolent, imprévisible, elle s’approprie ses cabrioles qui dessinent des soleils et des planètes, elle fume sans arrêt comme si elle tirait l’oxygène de ses clopes »…

Plus tard, c’est Bande à Part ( avec ses acteurs qui « swinguent en java de cinéma muet »), puis Alphaville qui vont lui tenir compagnie. Pierrot le Fou et Le Mépris, ce sera après. Qu’importe si les flashs de la demoiselle n’épousent pas exactement la chronologie filmique du pape de la Nouvelle Vague. Ces bouffées d’ailleurs, Anne les absorbe au gré des circonstances, et c’est suffisant pour parvenir à fuir le cocon familial lyonnais, les parents si peu urbains et la grisaille gaullienne quand elle n’est pas encore perforée des éclairs de 68.

C’est Chantal Pelletier, l’une des Trois Jeanne des années 70, quand le théâtre se fondait encore dans l’émancipation, qui signe cette invitation cinématographique et générationnelle au voyage… et au féminin pluriel. Car Anne est volontiers prosélyte. Avec Marie, la bûcheuse révolutionnaire, et Brigitte, la comédienne fantasque, elles vont communier à elles trois au même Messie.

Le récit s’achève au printemps 2002. Le Pen au 2e tour. Ce qui tournoyait dans la tasse à café de Deux ou trois choses que je sais d’elle se met vraiment à ressembler à un nuage atomique tandis que maris et amants, à tant bourdonner autour de nos « trois philippines », ont fini par s’évaporer. Aux rêves ont ainsi succédé les désillusions. Les deuils, également… Et l’autre qui est toujours là. JLG le survivant. La vigie. « Aucun homme, observe Anne, ne lui aura duré si longtemps ».

La plume de Chantal Pelletier est caressante, pudique, acidulée, s’incrustant avec bonheur dans ce qui nous semblait tant relever, jusqu’à présent, d’une cinéphilie essentiellement masculine. On a rarement mieux écrit, en même temps, sur ce qui nous rend Godard indispensable et sur ce qui fait que ses films s’ancrent à ce point dans notre ADN tout en nous faisant regarder le monde autrement.

Sans oublier cette citation si tragiquement actuelle de Prénom Carmen qui clôt le roman:  « Comment ça s’appelle… quand il y a les innocents dans un coin, les coupables de l’autre… quand tout le monde a tout gâché, que tout est perdu, mais que le jour se lève et que l’air quand même se respire ? Cela s’appelle l’aurore, mademoiselle. »

Et elles croyaient en Jean-Luc Godard, Chantal Pelletier (Editions Joëlle Losfeld). Coup de projecteur avec la romancière le jeudi 5 février, sur TSFJAZZ, à 12h30.