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06/01/2017

TAMALOUS

chantal pelletier,recours au poème,gilles plazy,la sirène étoilée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci  à

RECOURS AU POÈME, (http://www.recoursaupoeme.fr/)

 

qui, dans son numéro de janvier, salue le travail de Gilles Plazy à la Sirène étoilée et propose sa lecture de Tamalous, mon petit recueil confidentiel sorti en octobre: 

 

Chantal Pelletier, Tamalous

Le second recueil publié en 2016 est, lui, illustré de photos de Gilles Plazy : intérieur où flotte l'ombre d'une présence humaine,  détails presqu'abstraits de feuilles et de murs, ces photos aux noirs et blancs très denses et contrastés ont la sensualité qui convient à ces onze poèmes, ouvrant sur "Nu", où la poéte évoque une peau qui a du "grain". Ce "nu", guirlande au corps aimé, est le portrait beau et émouvant d'un corps sénile, mais toujours chéri :

La peau a du grain
ses cheveux du gris
(...)
des frisures enneigées
dansent au sexe foncé
frêle bouton d'hibiscus
sur les bulbes froissés
(...)
à la cuisse d'oiseau
bat le bleu d'un ruisseau.
(...)
Et qu'importe le reste
à quatre-vingt passés

il est toujours l'aimé.

La précieuse beauté des images dans ce poème érotique surprend et touche : rarement on évoque la sexualité du déclin des corps dans la poésie – et sans doute jamais avec tant de délicatesse et de mélancolie. Ce poème, à lui seul, justifierait qu'on lise le recueil de Chantal Pelletier. Mais la surprise vient aussi par la suite, tant l'ensemble, qui explore la fin de vie, remue par son humour et sa fantaisie, nous emmenant dans un voyage surréaliste, avec "Retour", par exemple, poème-récit dont le héros "était mort /depuis treize ans déjà/lorsqu'il est revenu", bouleversant l'ordre des choses, la famille et les apparences qu'on entretient à coups de "semblant" :

Encore faire semblant
quatre ou cinq décennies
de gestes automatiques
de jours fantômatiques?"

Humour tout près du réel, dont le poème-titre "Tamalous" donne aussi la clé : nous entrerons tous dans le cercle des Tamalous, où chacun

a le corps
qui trahit
se flétrit
se raidit
s'arthrite
se calcifie
souffre chiante sciatiques... 

Suivant un superbe hommage au peintre Mark Rothko, suicidé en 1970 à l'âge de 66 ans, le recueil se clôt sur un ultime poème érotique : "Jeune" et son affirmation à rebours de l'écoulement du temps

Quand je serai jeune
je prendrai tes jambes à mon cou
pour que nous fassions
la patiente récolte
de l'eau des rêves
le seul nectar de l'existence.

Hâtez-vous donc, lecteurs, de découvrir ce petit opus plein de sagesse et de folie, plein d'amour et d'espoir aussi – hâtez-vous,que le temps ne vous inscrive au cercle des Tamalous sans munitions pour y survivre !